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LE CASTOR ?
Castor canadiensis ? American beaver |
Distribution géographique ?![]() |
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Mensurations ? Le mâle et la femelle ont sensiblement la même taille: • longueur du corps (60cm, mais certains individus peuvent atteindre 1m) • longueur de la queue (30cm) |
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Poids ? • Poids moyen d'un adulte (25kg) • Poids à la naissance (500g) |
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Description ? Le castor est un animal robuste et massif. Sa fourrure est brun foncé sur le dos et les côtés et plutôt brun pâle sur la poitrine et le ventre. Elle est constituée de deux couches de poils; des poils courts très denses qui le protègent contre le froid et des poils longs
qui la rendent douce, soyeuse et brillante.
Ses yeux sont munis d'une double paupière transparente qui se referme lorsqu'il plonge sous l'eau. Il peut ainsi poursuivre ses activités normalement.
Son gros museau court est muni de deux narines qui se referment sous l'eau pour empêcher l'eau d'entrer.
Ce qui caractérise sans doute le plus le castor, ce sont ses quatre longues incisives brillantes de 2,5cm de longueur, recouvertes d'un émail orange très dur sur le devant et blanc à l'arrière. La partie blanche étant moins résistante, elle s'use alors plus vite et laisse la partie avant tranchante comme le taillant d'une lame. Plus il s'en sert, plus leur tranchant est efficace. D'ailleurs, ses dents poussent constamment. S'il s'arrêtait de ronger les troncs d'arbres et les branches, elles atteindraient une longueur démesurée, ce qui lui serait fatal. Ses oreilles courtes sont presque entièrement cachées dans son manteau de fourrure. Elles possèdent une soupape qui se ferme pour empêcher l'eau d'entrer au moment de la plongée. Ses pattes avants ressemblent à des mains munies de longues griffes. Il les utilise pour le transport des troncs, des branches et pour dégager les mottes de terre et d'herbe qui servent à la construction du barrage et de la hutte. Quand il nage, il les replie sur sa poitrine pour ne pas ralentir sa course.
Ses pattes arrières palmées lui permettent de se déplacer rapidement dans l'eau où il peut atteindre entre 5 et 10km/h.
Sa large queue écailleuse noire est presque complètement dépourvue de poils. Et contrairement à une certaine croyance populaire, il ne s'en sert pas comme truelle pour disposer la boue sur son barrage et sa hutte. Il accomplit ce travail avec ses pattes avant et son museau. |
Habitat ? Le castor recherche les rives des rivières, des ruisseaux, des lacs et même des marais entourés de feuillus, plus particulièrement de trembles, de bouleaux et d'aulnes. |
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Abri ? Il est sûrement un de nos meilleurs architectes. Au moment où il choisit un emplacement, il s'empresse d'aménager un terrier sur la rive, sorte d'abri temporaire où il pourra s'installer et se protéger du danger durant la construction de la hutte. Quand l'étang qui s'est formé derrière son barrage lui convient, il quitte son terrier temporaire et commence la construction de sa hutte. Il amoncèle d'abord des branches au fond de l'eau, puis il cimente le tout avec de la boue. Quand le gros de l'ouvrage est terminé, il plonge sous l'eau et aménage plusieurs tunnels qui le conduisent jusqu'au centre de la hutte. Là, au dessus du niveau de l'eau, il crée une grande chambre dont il tapisse le plancher de copeaux. Avec le temps, il créera d'autres pièces en élargissant les tunnels. Au plafond de la chambre principale, il laisse un trou d'aération. À chaque automne, il renforce sa hutte en la recouvrant de nouvelles branches et d'une nouvelle couche de boue. Sous l'eau, à l'entrée du tunnel principal, il entasse des branches et de gros troncs d'arbres, c'est là son garde-manger, sa réserve de nourriture pour l'hiver. |
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Régime alimentaire ? Bon mangeur, le castor prend ses repas dans l'eau ou dans sa hutte, ses pattes avants lui servant de mains, un peu à la manière du raton laveur et de l'écureuil. Exclusivement herbivore, son menu est assez varié. Même s'il manifeste une préférence pour le tremble, il mange aussi le cerisier, le bouleau et le saule. Durant l'été, il ajoute parfois la tige et les racines de nénuphars à son menu. L'hiver, la nourriture étant moins abondante, il ralentit alors son rythme de vie et compte surtout sur ses réserves de graisse. Enfin, prenant exemple sur le lièvre il lui arrive de réingurgiter ses excréments pour une seconde digestion comme si son système digestif n'arrivait pas d'une seule fois à tirer tous les éléments nutritifs de sa nourriture. |
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Comportement ? Ces travailleurs acharnés sont actifs surtout la nuit, depuis tôt le soir jusqu'au petit matin. Ils vivent en couple et sont généralement unis pour la vie. Avec les jeunes, ils forment une colonie qui peut atteindre une douzaine d'individus. Pendant leur première année, les jeunes castors passent le meilleur de leur temps à toutes sortes de jeux. À un an, ils commencent à travailler à l'entretien du barrage et de la hutte familiale. La femelle leur enseigne à nager, à couper les arbres et les branches, à les transporter sur terre et dans l'étang et à les assembler pour solidifier la digue et réparer la hutte. Les jeunes castors apprennent aussi à prévenir les dangers qui les guettent et à ameuter leurs congénères en frappant violemment la surface de l'eau à l'aide de leur queue tout en disparaissant sous l'eau. La femelle les initie à la nage, leur enseigne à choisir la nourriture la plus tendre. Ils accompagnent les parents dans la recherche et l'entreposage de la nourriture et dans la réparation de la digue et de la hutte. Instinctivement, à l'âge de deux ans, les jeunes quittent la famille sinon les parents les chassent. C'est la jeune femelle qui part à la recherche d'un nouvel emplacement. À chaque année, la nouvelle famille grandira et habitera le même endroit aussi longtemps qu'il restera des arbres aux alentours. Durant la saison hivernale, tous les membres de la famille s'entassent les-uns contre les autres pour ménager leur chaleur et leur énergie. |
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Reproduction ? Le mâle et la femelle s'accouplent entre le début de janvier et les premiers jours de février. Après une période de gestation de 103 à 107 jours, la femelle met bas une portée de 1 à 8 petits (en moyenne 3 à 5) pesant chacun entre 230g et 625g qu'elle allaite pendant 8 à 10 semaines. Avant l'arrivée des petits, la femelle aménage une pouponnière à l'intérieur de la hutte à l'aide de copeaux de bois tendre. Comme elle aime être seule au moment de la mise bas, elle chasse le mâle qui n'a d'autre choix que de se réfugier dans un terrier creusé au bord de l'étang. Il pourra réintégrer la hutte quand les petits atteindront 2 semaines. |
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Longévité ? En pleine nature, le castor peut vivre entre 10 et 12 ans alors qu'en captivité il peut vivre jusqu'à 20 ans. |
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Prédateurs ? Plusieurs prédateurs tel le loup, le coyote, le lynx et l'ours noir guettent le castor, spécialement les jeunes, moins expérimentés et plus vulnérables. Le carcajou, pour sa part, est presque disparu de nos forêts. On croit généralement qu'après le chevreuil et l'orignal, le castor est la principale proie du loup. ![]() |
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Situation des populations ? Le castor a joué un rôle tellement important dans l'économie de la Nouvelle France que les populations en furent grandement affectées. En 1820, il avait complètement disparu de certains états américains dont le New Jersey. En 1927, sur tout le territoire de la baie James, rares étaient les huttes de castors encore habitées, si bien que quelques années plus tard, en 1934, le gouvernement québécois adopta un décret en interdisant le trappage pour 10 ans. Plus tard, l'activité de trappage pu reprendre sans qu'il soit menacé à nouveau. Aujourd'hui, sur l'ensemble du territoire canadien et américain, on estime que l'ensemble des populations compte un nombre variant entre 6 et 12 millions d'individus. |
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Rapports avec les humains ? Encore aujourd'hui, sa fourrure est recherchée pour sa grande valeur. On dit même que sa chair est excellente. Bien que nous ayons modifié l'environnement, le castor s'accommode assez bien de ces changements, pourvu qu'il lui reste un coin d'eau et de la nourriture. À Montréal, un biologiste contrôle leur nombre et surveille les endroits où ils s'installent. Quand il construit un barrage, le territoire ainsi inondé permet à nombre d'animaux aquatiques d'y trouver refuge, mais il arrive parfois que la partie inondée soit une route, un champs, ce qui ne fait pas l'affaire de tout le monde. |
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Petite histoire ? Le castor a joué un rôle important dans l'explorationde la Nouvelle France. Les trappeurs et les coureurs des bois poussaient de plus en plus loin leurs activités pour satisfaire les besoins croissants des européens. Chez-eux, les populations de castors avaient été presque anéanties à cause d'une exploitation excessive. À cause de l'importance que prend ce commerce en Nouvelle France, on voit même s'établir des rivalités entre les Français, trafiquant les fourrures avec les Algonquins et les Hurons sur le St-Laurent, et les Hollandais d'Albany négociant leurs fourrures avec les Iroquois sur la rivière Hudson. Vers 1750, on estimait déjà à plus de 2 millions le nombre de castors tués en Amérique. Vers 1780, les peaux de castors servaient même de monnaie d'échange, si bien qu'un trappeur pouvait se procurer de nombreux objets utilitaires. En échange de 14 peaux de castors, il recevait un fusil... En plus des fourrures, on chassait le castor pour son musc, auquel on attribuait à tord ou à raison, des propriétés curatives. |
Jos Leloup raconte ?
Jos, me dit mon ami Gérard, as-tu vu les p'tits gars qui ont abîmé mon gros tremble au bord du lac?
Ils ont donné plein de coups de hache tout autour du tronc, Y'a des copeaux partout. Viens voir ça...!!!
Arrivé sur les lieux du drame, je ne puis m'empêcher de m'esclaffer...
Les p'tits gars que Gérard cherchait, étaient visiblement des castors. Depuis le temps que les gens souhaitaient leur présence pour régulariser le niveau du lac, et bien c'était fait... Il ne restait plus à Gérard qu'à se défâcher et à replanter un arbre que les castors ne mangeraient pas.
Voilà deux ans que cela s'est produit, et quand j'y pense, j'en ris encore. |
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Le courrier de Jos Leloup Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le castor, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir! Jos Leloup |
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