LE LIÈVRE ?
Lièvre d'Amérique
Lepus americanus?
Snowshoe hare
Distribution géographique ?
Mensurations ?
   • Longueur totale: entre 40 cm et 50 cm
   • Longueur de la queue: entre 2,5 cm et 5 cm
Poids ?
Même s'il varie d'une façon appréciable en cours d'année, le poids moyen du lièvre est de 1,8 kg, la femelle étant légèrement plus lourde que le mâle. À la naissance, le levraut pèse environ 70 g et il gagne très rapidement du poids.
Description ?
Les grandes oreilles caractéristiques du lièvre, extrêmement mobiles et toujours en alertes, captent tous les bruits insolites et lui permettent de percevoir l'approche d'un ennemi. Elles servent en outre à régulariser la température de son corps. Il possède une vue excellente et un odorat très sensible. Ses incisives tranchantes adaptées à son régime herbivore repoussent au fur et à mesure qu'elles s'usent comme celles du castor. L'été, son pelage brun se confond à merveille avec les couleurs du sous-bois, ce qui lui assure une protection contre ses prédateurs. À la fin de septembre, quand la photopériode raccourcit, sa fourrure passe graduellement au blanc de sorte que l'hiver venu, son nouveau manteau déjoue à nouveau l'oeil exercé de ses ennemis; seule l'extrémité des oreilles reste noire. Ses pattes arrière de près de 15 cm de longueur parées de longs poils et l'écartement de ses orteils tiennent lieu de raquettes sur la neige folle et épaisse. Au début de mars s'amorce une nouvelle mue qui lui redonne son manteau estival.

Habitat ?
Le lièvre habite la forêt boréale d'Amérique du Nord. Il recherche les endroits où la végétation est suffisamment abondante pour l'abriter et le nourrir. Le domaine vital de la femelle couvre une superficie qui varie entre 2,5 ha et 3,3 ha. Celui du mâle, plus important, peut atteindre jusqu'à 8 ha. Sa préférence va nettement aux boisés composés d'un mélange de conifères et de feuillus, encombrés d'arbres renversés et de souches à demi déracinées. Il déserte peu à peu les forêts matures qui rendent sa nourriture hors de portée. On comprend alors qu'il occupe rapidement les forêts peuplées de jeunes conifères et de bosquets de feuillus à la suite d'un coupe forestière ou d'un feu.
Abri ?
Le lièvre ne creuse pas de terrier. Il s'abrite et se dissimule dans des cachettes bien nettoyées, appelées gîtes, situées sous des broussailles ou au pied d'un arbre creux. L'hiver, le terrier abandonné d'un autre animal lui sert parfois d'abri mais il choisit presque exclusivement la protection des rameaux de sapin baumier, d'épinette, de pruche, de cèdre ou d'un amoncellement de branches mortes.
Régime alimentaire ?
Lupus americanus est un herbivore qui doit consommer entre 200 g et 300 g de nourriture quotidiennement pour être en bonne forme.
L'été et l'automne, il glane ici et là des petits fruits mais la plus grande partie de son régime est constituée d'herbes, de plantes vertes comme le trèfle, les graminées, les fougères et les feuilles du saule, du bouleau, du tremble et autres.
L'hiver, il doit modifier ses choix de nourriture. Il mange alors les bourgeons, les tiges et l'écorce du noisetier, du tremble, du bouleau blanc, de l'érable, du cèdre, du mélèze, du pin gris, souvent en se dressant sur ses pattes arrières pour atteindre plus facilement les branches inférieures. Autour de ses points de ravitaillement, on peut facilement voir le crottin qu'il laisse au sol, spécialement l'hiver. Même si l'eau est généralement abondante dans son habitat, le lièvre boit peu.

Comportement ?
Animal nocturne, le lièvre sort de son repos quotidien au coucher du soleil et s'active jusqu'à l'aurore. Par ailleurs, rien ne l'empêche de circuler durant le jour quand le ciel est ennuagé et sombre. Il part à la recherche de nourriture en suivant des sentiers qu'il s'affaire à entretenir et à nettoyer régulièrement. Moins visibles que les sentiers d'hiver tracés dans la neige, les sentiers d'été sont assez facilement repérés par un oeil averti.
Durant l'été, le lièvre se met à l'abri en des endroits rudimentaires; sous un amas de branches, près d'une grosse roche, dans le creux d'une souche, sous les branches basses d'un conifère ou au pied d'un arbuste branchu.
L'hiver, ses cachettes sont tout aussi rudimentaires; il lui arrive même de creuser quelques courts tunnels dans la neige. Animal sédentaire, plutôt solitaire et timide, le lièvre n'en demeure pas moins méfiant. Cependant, face à un danger imminent, son premier réflexe sera de demeurer parfaitement immobile pour se confondre avec son environnement. Se sentant repéré, il détale en mode haute vitesse en bondissant et en zigzaguant pour distancer et dérouter son poursuivant. Il peut atteindre alors des vitesses de 50 km/h et faire des bonds de plus de 3 mètres. Sur courte distance, certains le considèrent comme l'un des mammifères les plus rapides en Amérique. S'il est capturé par un prédateur, il lance alors des cris plaintifs qui ressemblent à ceux d'un bébé.
La période du rut donne lieu à des combats vigoureux entre les mâles qui s'arrachent des touffes de poils mais s'infligent rarement des blessures graves. Durant cette pédiode, le mâle (le bouquin) et la femelle (la hase) ne forment pas un couple stable puisque le mâle peut s'accoupler avec plusieurs femelles. D'ailleurs, il reprend sa vie de solitaire après la période du rut.
Peu avant la mise bas, la femelle rassemble au sol des brindilles et du poil arraché de à son abdomen pour aménager une couche confortable prête à recevoir ses petits. À la naissance, ils ouvrent rapidement les yeux et leur corps est couvert d'un pelage qui s'annonce abondant. Une semaine plus tard, leur poids a doublé. À deux semaines, les levrauts commencent à explorer les alentours et à se nourrir eux-mêmes. Vers la quatrième semaine, ils sont sevrés et capables de vivre d'une façon autonome.

Reproduction ?
La hase, nom de la femelle du lièvre, acquiert sa maturité sexuelle à l'âge de 4 mois mais elle ne s'accouple qu'à partir du printemps suivant. La période de reproduction débute avec les derniers jours du mois de mars et peut se prolonger jusqu'à la fin du mois d'août. La hase donne alors naissance à 3 ou 4 petits, en moyenne, après une période de gestation de 36 jours. Elle peut avoir de 2 à 3 portées par année, ce qui en fait un animal très prolifique.
Longévité ?
Dans son habitat naturel, le lièvre ne vit guère plus que 4 à 5 ans.
Prédateurs ?
Le lynx du Canada et le lynx roux sont les principaux prédateurs du lièvre qui constitue leur source de nourriture première. Outre ces deux prédateurs qu'il réussit très souvent à détrousser grâce à sa rapidité et à la connaissance parfaite de son réseau de sentiers, d'autres dangers le guettent constamment: le renard roux, le coyote, le loup et même la belette. De plus, le grand duc et le harfang des neiges lui réservent des surprises d'autant plus menaçantes qu'elles viennent des airs.
Situation des populations ?
Les populations de lièvres varient selon des cycles de 9 ou 10 ans. Au fur et à mesure que leur nombre croît, le nombre de leurs prédateurs augmente. Par la suite, comme le grand nombre de lièvres fait diminuer la nourriture disponible, s'amorce une période de décroissance des populations ce qui entraîne un diminution de leurs prédateurs. Au plus haut du cycle d'abondance, un habitat de bonne qualité d'un km2 peut assurer la subsistance de quelques centaines de lièvres alors qu'au bas du cycle, leur nombre peut être réduit à quelques dizaines. Outre le manque de nourriture et les prédateurs, la maladie et les parasites affectent aussi la condition des populations de lièvres. Après un feu de forêt ou une coupe forestière, la forêt se régénère et procure une abondance de nourriture; le cycle d'abondance des populations recommence.
Rapports avec les humains ?
Les Indiens se servaient de la peau du lièvre à toutes sortes d'usages mais spécialement pour fabriquer des couvertures. Nos ancêtres l'appréciaient à cause de son abondance et de la facilité à le capturer. Sa fourrure douce est peu durable mais sa chair est délicieuse. Encore aujourd'hui, il est l'objet d'une chasse sportive et il constitue le petit gibier le plus important dans l'est du Canada. À part quelques dommages occasionnels causés à certaines cultures, on peut dire qu'il est un animal utile et inoffensif.
Petite histoire ?
Jusqu'à la fin du 19e siècle, le lièvre d'Amérique était complètement absent de Terre-Neuve. Après son introduction vers 1870, il occupa rapidement l'ensemble du territoire. Son abondance en fait aujourd'hui un gibier dont la chair est fort appréciée des Terre-neuviens.
Jos Leloup raconte ?
Tout jeune, je prenais parfois plaisir à jouer des tours à l'occasion. Certains aiment la peinture, d'autres la musique, moi, je jouais des tours avec la même dextérité et le même plaisir que le peintre et le pianiste dans leur art.
Un samedi soir d'hiver, la visite s'amène à la maison. On se salue, on parle fort, on rit, on raconte quelques histoires puis commence la partie de cartes traditionnelle. Maman sort les plats de bonbons, les croustilles et les breuvages; cela fait partie du rituel. Pour "faire mon drôle", j'insère parmi les plats de maman, une petite assiette garnie de crottin de lièvre que j'avais recueilli durant une promenade en raquette. Et je vous assure, ça a l'apparence de certaines céréales! Quand l'oncle Paul goûta distraitement, sa réaction ne laissa aucun doute sur la saveur particulière de ma "céréale naturelle". Malgré le fou rire retenu de nos visiteurs, j'ai du m'excuser auprès de la victime malheureuse et me retirer rapidement dans ma chambre, gêné et honteux. Ma mère m'avait fait comprendre qu'il y a des limites à ne pas franchir.

Le courrier de Jos Leloup
Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le lièvre, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir!
Jos Leloup
Sites Internet à consulter ?
Faune et flore du pays
Ressources naturelles et faune Québec
L'Union des cultivateurs franco-ontariens
Wikipédia
RDS.ca
Ressources naturelles et faune Québec
Le Gîte du Rêveur
Animal Diversity Web (anglais)
Borealforest.com (anglais)
Ecozones terrestres du Canada/Parcs Canada

Mise à jour juillet 2007
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