LE LOUP ?
Loup gris
Canis lupus ?
Timber wolf
Distribution géographique ?
Mensurations ?
La taille du mâle est légèrement plus grande que celle de la femelle.
   • Longueur du corps:
         > 1,4 à 1,6 m pour le mâle (parfois jusqu'à 1,9 m)
         > 1,4 à 1,5 m pour la femelle
   • Longueur de la queue: 36 à 46 cm
   • Hauteur au garrot: 65 à 90 cm
Poids ?
   • Poids moyen:
           > 27 à 36 kg pour le mâle
           > 23 à 32 kg pour la femelle
   • Poids à la naissance: 350 à 450 g
Description ?
Avec son allure de gros berger allemand, la taille du loup dépasse celle du coyote. Le pelage de l'espèce arctique est presque blanc et celui des régions boisées, comme son cousin le berger allemand, est habituellement gris avec un mélange de blanc, de fauve et de brun. À l'occasion, certains individus sont noirs. Cette fourrure, plus fournie durant l'hiver, est constituée d'un duvet dense et soyeux garni de longs poils rudes appelés jarres.
Son museau large et sensible est noir et toujours humide. Son odorat est exceptionnel. Ses oreilles sont courtes, droites et son ouïe très développée.
Ses yeux jaunâtres et légèrement bridés lui procurent une vision plutôt ordinaire. Sa gueule est armée de dents fortes souvent présentées sous l'angle le plus menaçant. Il est vrai qu'avec une mâchoire qui lui permet de briser la patte d'un chevreuil d'un seul coup, il y a de quoi être impressionné. Ses pattes longues et coussinées de fourrure élargissent sa trace et lui permettent de marcher ou de courir plus facilement sur la neige. Ses griffes solides facilitent son travail de fouissage et d'aménagement de la tanière.
Au trot, à une vitesse de 7 ou 8 km/h, il peut courir des kilomètres sans se fatiguer. Cela ne l'empêche pas de pousser des pointes jusqu'à 45 km/h pour traquer une proie. À cette allure cependant, il se fatigue vite et doit abandonner la poursuite de proies souvent plus rapides ou plus résistantes que lui. Enfin, il arbore avec fierté sa queue touffue qui se termine par une pointe noire.

Habitat ?
Le loup recherche avant tout l'espace et l'isolement des grandes forêts de feuillus et de conifères et de la toundra du nord. Durant l'été, une meute occupe un domaine vital qui peut atteindre 280 km2 et parfois plus. Chose certaine, il déserte les forêts entrecoupées de routes et de régions cultivées.
Abri ?

L'abri du loup c'est la tanière. Parfois, elle est aménagée dans le creux d'un gros arbre, d'une vieille souche ou dans la fente élargie d'un rocher. Mais habituellement, elle est creusée à même une butte de sable ou de terre, parfois à même un terrier de marmotte ou de renard. Un tunnel de 35 à 65 cm de diamètre pouvant atteindre 4m de longueur conduit à la tanière. L'intérieur comprend une chambre où naissent les louveteaux et une ou plusieurs pièces pour la famille. D'autres tunnels donnent un accès à l'extérieur.

Régime alimentaire ?
Contrairement au chien errant, le loup capture ses proies pour se nourrir. Dans des conditions idéales, son régime quotidien peut comporter jusqu'à 3 kg de viande, mais règle générale, il doit se contenter d'une pitance qui lui conserve les flancs creux. Il a une préférence marquée pour les gros gibiers comme le caribou, l'orignal et le chevreuil. Cependant, le chevreuil étant le plus petit de ces trois cervidés, il reste sa proie préférée. À l'occasion ou durant des périodes plus difficiles, il s'attaque volontiers au castor, au lièvre, à la marmotte, au rat musqué, à l'écureuil, à la souris, à certains oiseaux aquatiques et même aux poissons. Essentiellement carnivore, il consomme certains petits fruits durant l'été.
Comportement ?
Une meute de loups peut compter jusqu'à 14 individus mais la moyenne se situe entre 7 et 8: le couple dominant, des louveteaux et des adultes d'une portée précédente. À l'occasion, certains loups vivent seuls ou en couple et non en meute.
La meute fonctionne selon un ordre hiérarchique où chacun détient un rang social bien défini et respecté. D'abord, il y a le mâle dominant. C'est le chef de la bande, celui qui domine tous les mâles de la meute et le seul à pouvoir s'accoupler. Son rang se manifeste par des postures caractéristiques: la queue haute, la crinière gonflée, les oreilles droites. Au deuxième rang de la hiérarchie vient la femelle dominante. Comme le mâle dominant avec lequel elle forme un couple, elle affirme son rang par son allure fière. Sa domination s'exerce sur toutes les femelles de la meute.
En réalité, au sein de la meute, chaque loup en domine un ou plusieurs autres et ce jusqu'au dernier. Seul le mâle dominant n'est soumis à aucun autre. À l'approche d'un loup dominant, les loups dominés manifestent leur soumission en ayant les oreilles tombantes, la queue entre les pattes et en s'écrasant craintivement au sol.
Si un loup étranger se joint à la meute, il doit d'abord accepter la dominance du mâle dominant et ensuite se contenter de toujours occuper le dernier rang dans la meute quelque soit son âge. Le mâle dominant reste le chef de la meute toute sa vie. Cependant, si ses forces faiblissent, il cède sa place à un autre membre de la meute qui dès son jeune âge aura manifesté la force et le caractère nécessaires pour occuper ce rang. Parfois, quand deux jeunes possédant les qualités de chef tentent de s'imposer, il s'ensuit un combat qui détermine le vainqueur et celui qui devra quitter. Ce dernier partira alors fonder une nouvelle meute ailleurs.
Le mâle dominant joue un rôle primordial pour la survie du groupe. C'est lui qui règle la vie de la meute. Devant le danger ou avant le départ pour la chasse, tous se regroupent autour de lui. Il choisit les proies et les stratégies à adopter par la meute.
Au printemps, quand la femelle dominante attend une nouvelle portée, toute la meute se tient près de la tanière. Quand les louveteaux atteignent trois semaines, ils commencent à sortir de la tanière. Les parents s'affairent à leur éducation, à leur sécurité et à la quête de nourriture pour assurer leur bonne santé. S'ils doivent s'éloigner de la tanière, ils le font à tour de rôle.
En juillet, la meute abandonne la tanière et s'installe dans un autre secteur pour y demeurer jusqu'à la fin de l'été. Durant leurs ébats enjoués, les louveteaux apprennent les tactiques de la chasse.
Au début de l'automne, ils commencent à accompagner la meute et à participer à la chasse sur l'ensemble du territoire de chasse. Jour après jour, ils délimitent ce territoire en grattant le sol, en laissant des traces d'urine et d'excréments et de musc produit par une glande située à la base de la queue. Ils ne tolèrent aucun intrus sur ce territoire sillonné de sentiers. L'hiver, ils chassent autant le jour que la nuit et se suivent à la queue leu leu. L'été, ils sont actifs surtout au crépuscule, la nuit et à l'aube. Forts, ayant une bonne mémoire et plus rusés que le renard à la chasse, ils sont pourtant facilement distancés par leurs principales proies; les chevreuils, les orignaux et les caribous. On croit, par exemple, que pour chaque chevreuil que la meute réussit à capturer, il faudra parfois compter plusieurs dizaines de tentatives ratées. Même si cette hypothèse est parfois mise en doute, la plupart des observateurs croient que la meute s'attaque surtout aux individus plus âgés, fragiles ou malades ou à des jeunes imprudents. Dans la toundra, elle peut parcourir plus de 60 km quotidiennement pour trouver sa nourriture. Dans la forêt plus au sud, cette distance est moins considérable.
Leur langage est varié et se manifeste par des grognements, des cris plaintifs, des aboiements et des hurlements; ceux-ci lui ont souvent valu une mauvaise réputation. Année après année, la meute fréquente les mêmes endroits où elle trouve la sécurité et la tranquillité. À l'âge de 18 mois, les louveteaux sont devenus des loups adultes dans la meute.

Reproduction ?
Même si la femelle atteint sa maturité sexuelle à sa deuxième année et le mâle généralement à sa troisième année, ils ne pourront s'accoupler que s'ils ont le statut social requis. La période du rut se situe à la fin de l'hiver, du début février à la fin mars. La gestation dure 9 semaines. Quelques semaines avant l'arrivée des louveteaux, la femelle dominante, aidée des membres de la meute, creuse la tanière où naîtront les petits. Le temps venu, la louve se réfugie dans la tanière et met bas 5 ou 6 louveteaux même si exceptionnellement une portée peut atteindre 14 petits. De la grosseur d'un écureuil à la naissance, les louveteaux sont aveugles mais leurs yeux s'ouvrent graduellement entre le 8ième et le 15ième jour. Ils se terrent dans la tanière durant les deux premières semaines après quoi ils risquent peu à peu des sorties à l'extérieur.
La femelle les allaite durant les premières semaines et au bout de 4 à 6 semaines, ils sont graduellement sevrés. Ils commencent alors à se nourrir d'aliments solides, prédigérés et régurgités par le mâle et la femelle. Un peu plus tard, ils s'habituent à utiliser leurs canines en déchirant et en mangeant la viande que leur apportent les loups de la meute. Vers l'âge de 5 ou 6 mois, au moment où leurs dents permanentes apparaissent, ils se joignent à la meute et commencent à chasser.

Longévité ?
Même si en captivité il peut atteindre 18 ou 19 ans, l'espérance de vie du loup à l'état sauvage dépasse rarement 10 ans.
Prédateurs ?
À part les humains, le loup n'a aucun prédateur naturel. Ceux qui l'ont côtoyé en forêt, la plupart du temps sans jamais l'apercevoir, savent avec quelle intelligence celui-ci réussit à les éviter et à les fuir. Les traces qu'il laisse derrière lui en témoignent éloquemment.


Situation des populations ?
Autrefois, les loups occupaient toute l'Amérique du Nord, de l'est à l'ouest, depuis le Mexique jusqu'à la région arctique. Aujourd'hui, sauf en Alaska et au Minnesota, le loup est pratiquement disparu des États-Unis. On peut facilement comprendre cette situation quand on sait qu'entre 1850 et 1990 nos voisins du sud ont tué 2 millions de loups dont le quart par empoisonnement. Au Canada, malgré diverses tentatives pour contrôler les populations et souvent même les éliminer, on compte entre 28 000 et 36 000 loups dont environ 7 000 au Québec; il est cependant absent au sud du St-Laurent. Depuis déjà près d'un siècle, il est disparu des provinces maritimes.
Rarissime en Europe, il est aussi complètement disparu de l'Angleterre depuis le 18ième siècle.

Rapports avec les humains ?
À lire les bandes dessinées ou à voir les dessins animés à la télé qui racontent l'histoire du PETIT CHAPERON ROUGE ou celle des TROIS PETITS COCHONS, notre imagination s'est construit une représentation effrayante du loup. Pourtant, même en remontant dans l'histoire, on ne trouve que quelques rares cas où un loup s'en est pris à des humains et c'était un loup blessé ou atteint de la rage. On prétend même et avec raison qu'en forêt, les moustiques sont diablement plus à craindre que le loup. En réalité, les loups fuient tellement la présence des humains que même les chasseurs ne réussissent que très rarement à les apercevoir. Il est donc difficile de comprendre l'acharnement avec lequel nous avons combattu le loup depuis des siècles. Déjà en 1792, l'Ontario (Haut-Canada) accordait une prime pour chaque loup capturé. Dans les régions éloignées, on voulait protéger les animaux de la ferme contre la prédation par les loups. Dans les années 50 et jusqu'au début des années 60, craignant que le loup ne menace les populations de chevreuils convoités par les chasseurs, une mesure semblable a existé au Québec. On accordait alors une prime de 35$ par paire d'oreilles rapportée. Aujourd'hui, malgré certaines résistances tenaces, de nombreuses études ont démontré que les loups ne récoltent que ce qui est essentiel à leur survie. D'ailleurs, les populations de chevreuils se maintiennent à un niveau normal et on note même une augmentation. En réalité, c'est beaucoup plus à cause de la chasse excessive et parfois sans discernement que l'équilibre des espèces a été menacé. Nous savons maintenant que la survie des loups comme celle des autres espèces de prédateurs dépend d'abord de la santé des proies. Quand les prédateurs n'ont plus assez de nourriture, leur nombre diminue. Ainsi en est-il de l'équilibre de la nature.
Par ailleurs, le loup n'a pas été qu'un objet de haine, on l'a aussi chassé pour sa fourrure, une fourrure de bonne qualité. Mais leur nombre limité et la difficulté de leur chasse ou de leur piégeage ont rendu ce commerce moins attrayant. À la fin de la saison 1968-69, on a vendu que 1518 peaux de loups contre 2397 en 1969-70.
Aujourd'hui, à cause de son organisation sociale très particulière, les scientifiques s'intéressent au loup pour étudier le comportement animal en milieu naturel. De plus, une forme d'écotourisme qui gagne en popularité tend à redorer la réputation du loup. Ainsi, des guides dirigent des groupes de personnes dans la vallée de la rivière Jacques-Cartier, près de Québec, pour vivre l'expérience du hurlement d'une meute de loups la nuit.

Petite histoire ?
Au début des années 60, au Québec, au moment où on accordait encore une prime pour chaque paire d'oreilles de loup rapportée, une rumeur circulait dans le cercle des chasseurs et des trappeurs à l'effet que les oreilles de bergers allemands valaient leur pesant d'or. Une rumeur qui a été confirmée par de nombreuses personnes! Par ailleurs, on a découvert que des chiens errants capturent des chevreuils la nuit puis abandonnent leur carcasse presque intacte; leur méfait est souvent attribué aux loups. Toutefois on sait maintenant avec une certaine certitude, que les loups dévorent presque complètement les proies qu'ils capturent.
Jos Leloup raconte ?
Au milieu des années 60, j'étais allé à la chasse au chevreuil avec quelques amis dans la région de Mont-Laurier. Nous logions dans un chalet en plein bois, au bord d'un lac d'un kilomètre de longueur. En ce début de novembre, la forêt dormait déjà sous une couverture de 20 cm de belle neige tombée la veille. Durant la journée, nous avions observé des traces de chevreuils traversant la forêt en tous sens et révélant leur présence nombreuse. Pourtant je n'avais réussi à apercevoir que l'ombre d'un seul de ces cervidés s'esquivant devant moi. Le soir venu, après avoir fait bombance, comme c'est souvent le cas dans ces occasions, nous avions décidé de nous offrir une dernière bouffée d'air frais avant la nuit. Et bien c'est là que j'ai vécu ma première expérience du hurlement des loups la nuit. Ouf! Une chance qu'il y avait le lac qui nous séparait de la meute, car alors on aurait cru que les loups étaient tout juste devant nous. On a beau connaître la crainte que le loup entretient à l'endroit des humains, son hurlement lugubre qui déchire le silence de la nuit nous impose sans peine le respect.
Le courrier de Jos Leloup
Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le loup, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir!
Jos Leloup
Sites Internet à consulter ?
Faune et flore du Pays
CyberZoo
Musée canadien de la nature
Borealie.org
Hurlements.info
Naturoscope
L'Encyclopédie canadienne
Les dossiers planète.org
Clan des loups d’Amérique du Nord
Animal diversity Web (anglais)
Wisconsin Department of Natural Resources (anglais)
Ecozones terrestres du Canada

Mise à jour juillet 2007
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