LE LYNX DU CANADA ?
Loup cervier
Felis canadensis ?
Canada lynx
Distribution géographique ?

Mensurations ?
La longueur totale du lynx adulte varie entre 70 cm et 110 cm. La queue mesure entre 5 cm et 15 cm.
Poids ?
Le poids du mâle atteint 6,5 kg à 12 kg et celui de la femelle, légèrement inférieur, entre 5 kg et 12 kg.
À la naissance, le poids moyen des petits est de 200 g.
Description ?
Même si le lynx du Canada ressemble à un joli chat domestique, quoique légèrement plus gros, il reste un animal sauvage. Son pelage d'été est plutôt court et brunâtre. À l'approche de l'hiver, sa fourrure devient plus épaisse, ce qui lui permet de résister aux grands froids; les longs jarres qui la recouvrent lui donnent un ton grisâtre. Une pointe de poils noirs garnit le bout de ses oreilles et ses joues sont couronnées d'une barbiche qui lui donne un air élégant. Ses crocs acérés et ses griffes rétractiles bien affilées en font un prédateur redoutable. Sa queue courte se termine par un bout de poils noirs. Ses pattes larges et poilues, dont la plante se recouvre de poils raides l'hiver, lui servent de raquettes pour marcher aisément dans la neige. Ses doigts peuvent même s'écarter pour faciliter ses déplacements dans la neige folle. Le lynx du Canada perçoit les moindres bruits de son environnement. Sa vision est extrêmement perçante, spécialement la nuit, d'où l'expression " avoir un œil de lynx ". Par contre, il ne peut guère compter sur son odorat médiocre pour repérer ses proies.
Habitat ?
Bien adapté au climat rigoureux du nord, le lynx du Canada habite la forêt de conifères avec ses sous-bois denses parsemés de broussailles et d'espaces marécageux. Il laisse la partie plus au sud à son cousin le lynx roux.
Abri ?
Son abri, situé à l'intérieur de son domaine vital varie de 15 à 45 km2, est très sommaire : le dessous d'une souche ou d'un arbre tombé, un arbre creux, le dessous d'un cap rocheux et parfois une grosse branche sur laquelle il s'allonge, à l'affût d'une proie.
Régime alimentaire ?
Le lynx du Canada est essentiellement carnivore. Sa principale source de nourriture, près de 80%, est le lièvre d'Amérique; un lynx peut en consommer jusqu'à 200 par année. Il complète son menu avec, entre autre, des perdrix, des souris, des mulots, des suisses, des écureuils, des castors, et parfois des renards. Aussi, quand le besoin s'en fait sentir, il peut lui arriver de s'attaquer à un jeune chevreuil ou un jeune caribou.
Comportement ?
Animal nocturne, le lynx du Canada est rarement aperçu le jour. Très méfiant mais moins féroce que son proche cousin le lynx roux, il sait manifester sa mauvaise humeur en crachant et en grondant. Comme le chat domestique, il peut miauler et ronronner. Menacé ou poursuivi, il déguerpit en faisant des bonds pouvant atteindre plus de 7 m. Il grimpe facilement dans les arbres et si la situation lui impose, il peut traverser un cours d'eau à la nage. Le soir, il se met en chasse jusqu'au lever du jour. Comme il n'est pas très bon coureur, il chasse le plus souvent à l'affût, caché derrière des obstacles ou camouflé dans des buissons, guettant sa proie. Après un festin, il cache les restes pour un autre repas. Quand la population de lièvres diminue dans son domaine vital, il entreprend alors de longs périples dans différentes directions à la recherche de nourriture. Il délimite soigneusement son territoire à l'aide de son urine, de ses excréments et en grattant le sol et l'écorce des arbres, déposant ainsi des sécrétions produites par les glandes de ses pattes. Le printemps, c'est la période du rut. Comme le mâle est polygame, il est prêt à accepter les avances de plusieurs femelles. Celle-ci pousse des cris aigus pour signifier sa présence auprès d'un mâle attentionné. Après l'accouplement, le mâle reprend aussitôt sa vie de solitaire. La femelle élève seule sa nouvelle famille; les petits la suivent durant toute leur première année. Quand survient une période de pénurie de lièvre, nombre de ses petits meurent de faim ou sont victimes de maladie faute de nourriture suffisante.
Reproduction ?
Le lynx atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 11 mois, il peut donc s'accoupler dès sa première année. La période du rut a lieu durant les mois de mars et avril. En mai et juin, après une gestation d'une soixantaine de jours, la femelle donne naissance à 3 ou 4 petits, en moyenne. Ceux-ci naissent dans un abri très sommaire; un creux sous un bosquet ou une cavité dans un tronc d'arbre... Vers leur douzième jour, ils ouvrent les yeux et à trois mois, il sont sevrés.
Longévité ?
À l'état sauvage, le lynx du Canada vit une dizaine d'années.
En captivité, il atteint quinze ans, exceptionnellement près de 20 ans mais il ne s'y reproduit que très rarement.

Prédateurs ?
À part les humains, qui peuvent le piéger pour sa fourrure, le loup et le couguar sont ses seuls ennemis véritables, et pour le capturer, ils doivent le surprendre en terrain découvert. En forêt, sa présence est toujours très discrète.
Situation des populations ?
La population du lynx du Canada est assez stable même si elle fluctue en fonction des cycles d'abondance du lièvre d'Amérique, sa principale source de nourriture. Ces cycles durent environ une dizaine d'années.
Rapports avec les humains ?
Sans qu'il soit menacé, la déforestation liée à l'exploitation forestière détruit son habitat, provoque une diminution des populations et une migration vers des régions plus nordiques. Quant au piégeage, celui-ci étant aujourd'hui beaucoup mieux réglementé et la fourrure moins à la mode, son impact sur les populations est probablement négligeable.
Petite histoire ?
Le lynx du Canada était présent dans tout le centre et le nord-est des États-Unis jusqu'au début du siècle dernier. En 1950, il avait complètement disparu de ces régions et même du sud du Canada. On pense que le piégeage excessif a été la principale cause de ce déclin. Au début des années 1960, au Canada, le loup cervier s'était réapproprié ses territoires anciennement désertés. De plus, occasionnellement, on en observe quelques individus dans certains états du nord des États-Unis.
Jos Leloup raconte ?
Plus jeune, je colletais le lièvre durant l'hiver. Le matin, une ou deux fois par semaine, je chaussais mes raquettes, et sac au dos, je partais faire la levée de mes collets posés la fois précédente. Je marchais lentement dans la nouvelle neige, repérant la trace de mes sorties antérieures. Parfois le soleil était radieux, quelques fois c'était la tempête mais dans tous les cas, quel bonheur d'entendre à chacun de mes pas, le bruissement régulier que provoquaient mes raquettes foulant la neige. Je récoltais habituellement deux, trois et parfois quatre lièvres à chacune de mes expéditions. Régulièrement, je retrouvais les restes d'un lièvre qu'un lynx avait arraché à un de mes collets; les traces laissées sur la neige ne laissaient aucun doute sur l'identité du brigand. Je lui pardonnais bien, puisque c'était aussi intéressant de raconter ces histoires de lièvres partagés avec le lynx que de faire état de mes récoltes elles-mêmes. À l'occasion, je pouvais varier et enrichir mon récit en parlant du renard, du loup ou du hibou qui s'étaient également ravitaillés à mes frais.
Le courrier de Jos Leloup
Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le lynx du Canada ou loup cervier, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir!
Jos Leloup
Sites Internet à consulter ?
Faune et flore du pays
Borealie.org
Parc National du Canada Banff
WOLF COUNTRY Canada
Ressources naturelles et Faune Québec
Les animaux du Biodôme
Wikipédia
Institut de la fourrure du Canada
Il parle avec les loups
Musée Redpath
Fauves du monde
Wisconsin Department of Natural Resources (Anglais)
Ecozones terrestres du Canada

Mise à jour août 2007
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