LE CAMPAGNOL DES CHAMPS ?
Mulot
Microtus pennsylvanicus ?
Meadow vole
Distribution géographique ?

Mensurations ?
   • Longueur totale : 12 cm à 20 cm
   • Longueur de la queue : 4 cm à 6 cm
Poids ?
Le mâle est légèrement plus lourd que la femelle.
Leur poids varie entre 20 g et 68 g. À la naissance, les petits pèsent entre 1,6 g et 3 g.
Description ?
De la famille des rongeurs, le campagnol des champs, qu'on appelle familièrement mulot, présente l'aspect d'une petite boule de poils longs et lisses. La fourrure de son dos est brun grisâtre tandis que le ventre arbore une teinte de gris jaunâtre. L'hiver, son pelage devient plus foncé et plus gris. Son museau court a une forme plutôt arrondie. Les oreilles, presque complètement dépourvues de poils à l'intérieur sont plutôt courtes et cachées dans la fourrure. Le dessus de la queue est légèrement plus foncé que le dessous tandis que les pieds sont toujours noirs.
Habitat ?
On retrouve le mulot principalement dans les champs en friche où la verdure lui procure un abri adéquat. Il affectionne également les terres basses et humides près des cours d'eau et des lacs, le voisinage des marais et les forêts entrecoupées de clairières. Il fréquente les régions cultivées où la luzerne et les grains de toutes sortes abondent et n'hésite pas à s'installer dans les montagnes. Par contre, il évite les prairies trop humides et les hautes herbes.
Abri ?
Dans un domaine vital de 350 m2 pour la femelle et parfois trois fois plus étendu pour le mâle, le mulot se construit un nid d'herbe séchée qui prend la forme d'une balle. Il le camoufle soigneusement dans l'herbe, dans un buisson, sous une pierre ou une pièce de bois ou tout simplement dans un petit terrier. L'hiver, il installe son nid à même le sol, dans le prolongement des couloirs qu'il creuse sous la neige.
Régime alimentaire ?
Le mulot est un vrai goinfre, consommant à peu près l'équivalent de son poids en nourriture quotidiennement. L'été, même si sa préférence va à la partie tendre de l'herbe, à la luzerne, au trèfle et au plantain, il ne dédaigne pas les fleurs de toutes sortes. Il complète son menu avec des bulbes, des joncs, des petits fruits, des limaces et des insectes. L'automne, il adapte son régime alimentaire aux ressources changeantes du milieu. Les graines forment alors la majeure partie de son menu. L'hiver, circulant sous la neige, l'écorce des jeunes arbres et arbustes constitue l'essentiel de son régime quotidien.
Comportement ?
Le mulot est autant diurne que nocturne mais il a une préférence pour la vie nocturne durant l'été et diurne l'hiver. Ses journées sont rythmées par des périodes d'activités et de repos. L'été, il construit un réseau de tunnels à travers la végétation enchevêtrée et creuse des terriers; il est un excellent fouisseur. L'hiver, bien protégé contre le vent et les variations de température, c'est sous la neige qu'il aménage ses galeries. Durant ses balades, à la recherche de nourriture, il se dresse souvent sur ses pattes arrières pour se situer dans son environnement. Il communique avec ses congénères en émettant des petits cris aigus. En cas de danger, il lance l'alerte dans la colonie en tapant le sol avec ses pattes arrières à la manière du lièvre. Le mulot est un bon nageur et grimpe facilement sur les buissons.
Reproduction ?
La femelle atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 25 jours, tandis que le mâle ne pourra s'accoupler qu'à l'âge de 5 ou 6 semaines. Bien que l'accouplement se produit en tout temps de l'année, la période la plus intense se situe entre le début du printemps et la fin de l'automne. La femelle peut avoir entre 3 à 6 portées par année. Chaque portée compte en moyenne 4 à 6 petits. La mise bas survient après une période de gestation de 19 à 21 jours. À la naissance, les nouveaux-nés sont nus et aveugles. Au bout d'une vingtaine de jours ils sont sevrés et commencent déjà à suivre leurs parents à la recherche de nourriture.
Longévité ?
Dans la nature, l'espérance de vie du mulot ne dépasse guère plus d'un an. En captivité, elle peut atteindre 3 ans.
Prédateurs ?
Bien que le mulot soit très prolifique, un grand nombre de prédateurs, pour lesquels il constitue une proie de choix, concourent à contrôler le niveau de leurs populations. Parmi ceux-ci, mentionnons particulièrement les mammifères suivants : le renard, le coyote, la belette, la martre. Chez les oiseaux, la buse, la crécerelle, le hibou, la chouette et autres rapaces ont la vue particulièrement perçante pour le repérer et l'attraper entre leurs serres.
Situation des populations ?
Bien qu'on observe des cycles d'abondance d'environ trois à cinq ans, les populations de mulots ne sont nullement menacées. Sa grande fécondité lui permet de surmonter toutes les conditions de son milieu.
Rapports avec les humains ?
Comme il détruit une grande quantité de mauvaises herbes, certains apprécient sa présence. Cependant, et surtout en période d'abondance, il cause des dommages importants aux jeunes arbres fruitiers, dans les cultures de céréales, de luzerne et dans les prairies.
Petite histoire ?
On croit que le mulot a fait son apparition il y a plus d'un million d'années, à la fin de l'époque pléistocène. Une grande quantité de fossiles datant de cette époque témoignent de sa présence.
Jos Leloup raconte ?
Quand j'étais jeune, il y avait une patinoire extérieure derrière mon école. Au printemps, quand une pluie abondante provoquait une fonte rapide de la neige et inondait le sol, il y avait toujours quelques mulots piégés à l'intérieur de la patinoire. Ils longeaient les bandes à pleine vitesse, tentant de trouver une issue. Notre plaisir alors, c'était de les suivre dans leurs courses folles, provoquant des va et viens continuels. Quand ils s'arrêtaient, paniqués, ils se dressaient sur leurs pattes arrières et lançaient des cris aigus. Après un moment, nous les abandonnions à leur sort. Curieusement, le lendemain, ils avaient disparu de la patinoire. Avaient-ils été la proie de prédateurs ou avaient-ils simplement réussi à s'évader de cette prison?
Le courrier de Jos Leloup
Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le campagnol des champs, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir!
Jos Leloup
© L'Animalier