LE PORC-ÉPIC ?
![]() Erithizon dorsatum ? American porcupine |
Distribution géographique ?
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Mensurations ? Les mâles sont plus gros que les femelles. • Longueur du corps: 65 à 100cm • Longueur de la queue: 15 à 30cm • Longueur à la naissance: environ 30cm • Hauteur au garrot: 30cm |
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Poids ? • Poids moyen: - 5,5kg pour le mâle - la femelle dépasse rarement 4,5kg • Poids à la naissance: 350 à 600 g |
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Description ? Ironiquement, certains décrivent le porc-épic comme un gros lourdaud qui a l'apparence d'une pelote d'épingles. En réalité, c'est un animal costaud, sympathique et paisible presque aussi gros qu'un castor. Sa fourrure comporte un duvet noir très dense auquel s'ajoutent des poils lustrés et longs de couleur brune. À part le museau et la poitrine, le reste du corps est couvert de 20 000 à 30 000 piquants au bout pointu, garnis de petits ardillons qui rendent leur extraction difficile. Même si le porc-épic n'est pas un bon nageur, ces piquants remplis d'air, mesurant 1,2cm sur la tête jusqu'à 12,5cm sur le reste de son corps, lui permettent de flotter aisément dans l'eau. Comme sa fourrure, les piquants qui tombent sont remplacés par d'autres repousses. Sa grosse tête au museau aplati cache de petits yeux et des oreilles peu apparentes. Son ouie et son odorat sont d'une grande sensibilité, mais sa vue est plutôt faible. L'avant bouche est garnie d'une paire de 4 incisives de couleur orange dont il entretient le tranchant au fur et à mesure de leur croissance. À l'arrière-bouche, douze prémolaires et molaires servent à broyer sa nourriture.
Ses pattes courtes et arquées se terminent par de longues griffes arrondies qui lui permettent de grimper dans les arbres avec facilité. Sa queue est armée des piquants les plus longs et les plus redoutables pour ses adversaires. Mis à part les piquants, le porc-épic est un animal fort différent du hérisson qui, d'ailleurs, ne vit pas en Amérique du Nord.
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Habitat ? L'habitat du porc-épic, c'est surtout la grande forêt, mais il s'accommode aussi des bosquets, des regroupements de broussailles, des boisés le long des rivières et des pentes rocheuses où il peut aménager son abri. |
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Abri ? Son abri très sommaire prend une forme différente selon la nature de l'habitat où il s'installe. Ce peut être un espace sous un tronc d'arbre, une fente dans un rocher, une caverne ou tout autre endroit de la forêt où il peut se cacher. Un même abri sert souvent à plusieurs générations de porcs-épics. |
Régime alimentaire ? Le porc-épic est un herbivore qui consomme à peu près toute la végétation à sa portée. Son régime alimentaire varie donc en fonction des saisons et de la générosité de la nature.
Au printemps, quand la sève monte dans les arbres et avant que le feuillage apparaisse, il ronge l'écorce des érables et mange une abondance de chatons d'aunes, de trembles et de saules. En été, son régime se compose d'une grande variété d'herbes, de graminées, de fleurs, de feuilles et de branches. Il a un flair et un goût marqué pour tout ce qui est salé. En automne, avec l'ours et l'écureuil, il partage une abondance de glands et de faines que lui fournissent les chênes et les hêtres. L'hiver, la nature étant moins généreuse, il se contente de l'écorce des érables, des bouleaux et même des trembles, mais sa préférence va aux conifères dont il ronge l'écorce du haut vers le bas. |
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Comportement ? Le porc-épic est un animal arboricole plutôt nocturne. Solitaire et timide, à la démarche lente, il se promène constamment en quête de nourriture. L'été, il peut s'éloigner jusqu'à 1,5km de son abri. Le jour, on le voit souvent, perché en haut d'un arbre, en train de faire la sieste. Pacifique, il n'attaque jamais ses ennemis. Par contre, s'il se sent menacé, en une fraction de seconde, il tourne le dos à son adversaire pour se présenter à reculons. Il dresse ses piquants et se met à fouetter sa queue dans tous les sens pour toucher le téméraire qui ose s'approcher et il claque des dents pour signifier plus clairement sa détermination. Comme il ne peut lancer ses piquants, mais que ceux-ci se détachent facilement de sa peau, l'adversaire prudent qui rebrousse chemin en est quitte pour une bonne peur, sinon il en tire une amère et douloureuse leçon. L'automne, c'est la saison des amours, le seul moment de l'année où l'on peut apercevoir des couples. À ce moment, le mâle part à la recherche d'une femelle. Quand il l'a repérée, il lance des gémissements et la suit jusqu'à ce qu'elle soit prête à accepter ses avances. Souvent, c'est même elle qui fait les avances au mâle. Pour un porc-épic, l'accouplement est un opération délicate. Le moment venu, la femelle lève la queue sur son dos et comme il n'y a pas de piquants sous la queue et sous le ventre, le mâle peut alors monter la femelle sans risque. L'hiver, le porc-épic n'hiberne pas, il continue de chercher sa nourriture quotidiennement mais s'éloigne rarement à plus d'une centaine de mètres de son abri. Le petit naît au printemps, entre les mois de mars et mai. Les piquants du nouveau-né alors souples, durcissent rapidement. Il fait ses premiers pas après une dizaine d'heures et au bout d'une journée il apprend à utiliser ses griffes et à grimper aux arbres. Il est sevré après seulement 2 semaines. Rapidement, sa mère lui enseigne comment trouver sa nourriture et repérer un refuge. Peu après, il risque quelques incursions solitaires dans la forêt. L'automne venu, avant la période du rut, il quitte sa mère pour se débrouiller seul dorénavant. |
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Reproduction ? Mâles et femelles acquièrent leur maturité sexuelle à leur deuxième automne, à l'âge d'un an et demi. Dépendant de la latitude à laquelle les porcs-épics vivent, le rut se produit entre les mois de septembre et décembre. Après une période de gestation d'une trentaine de semaines, la femelle met bas un petit, rarement deux. Il naît dans une sorte de sac qui évite les blessures à sa mère. |
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Longévité ? En liberté dans son milieu naturel ou en captivité, l'espérance de vie du porc-épic varie entre 7 et 10 ans. |
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Prédateurs ? Le principal prédateur du porc-épic est le pékan. Grâce à sa ruse et sa rapidité, ce dernier réussit à se placer face à sa proie et à la renverser d'un seul coup de patte. Déséquilibré ainsi sur le dos, le pékan n'a qu'à mordre le porc-épic à la poitrine, où il n'a pas de piquants, pour le mettre hors de combat. À l'occasion, quelques autres prédateurs tels le loup, le coyote, le renard roux, l'ours, le vison, la martre, le grand-duc et l'aigle bravent les défenses du porc-épic. ![]() |
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Situation des populations ? Bien que les grandes forêts soient moins nombreuses qu'il y a un siècle, à cause de l'agriculture, de l'urbanisation et des exploitations forestières abusives, la population de porcs-épics est encore relativement importante dans l'ensemble de l'Amérique du Nord. |
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Rapports avec les humains ? Pas malin pour deux sous, il faut cependant se méfier du goût démesuré que le porc-épic a pour tout ce qui est salé. Et comme c'est un rongeur, imaginez ce qui peut arriver à tout objet imprégné de sueur (salée) comme une rame, un aviron, une rampe d'escalier, un manche de hache, des bottes de cuir, des gants... Il raffole également de la colle contenue dans le contre-plaqué avec lequel nous fabriquons des chaloupes, des pancartes, des écriteaux... La tradition nous apprend aussi qu'il peut être d'un grand secours pour une personne perdue en forêt. À cause de sa lenteur, il peut facilement être approché et tué d'un coup de bâton. Et sa chair excellente se mange crue et sans danger. Quant aux dommages qu'il cause aux arbres en rongeant l'écorce, ils sont grandement exagérés par les exploitants forestiers. |
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Petite histoire ? Pour une raison évidente, on comprend pourquoi le porc-épic n'a jamais tiré sa valeur de la qualité de sa fourrure. On sait cependant que les Amérindiens se servaient de ses piquants pour décorer leurs vêtements et leurs ustensiles. Après les avoir lavés et classés par grosseurs, ils les utilisaient ou bien mouillés et souples, ou séchés, selon l'utilisation qu'ils voulaient en faire. L'introduction de colliers de verre comme objet de commerce par les premiers Européens arrivés en Amérique du Nord, sonna la fin de cet art pratiqué par des générations d'Amérindiens. |
Jos Leloup raconte ?
Jos! me dit Roméo un autre de mes amis, tu m'as appris que les chevreuils et les orignaux perdent leurs bois à chaque année, au début de l'hiver. Peux-tu m'expliquer pourquoi on n'en retrouve jamais dans la forêt? Ça doit bien tomber quelque part? Ha! Ha! C'est amusant de voir la binette de mon ami quand il est intrigué comme ça. Et là, avant de lui répondre, j'prends mon temps. J'aime le voir languir un peu. C'est ma manière de le taquiner et de me rendre important. Roméo! que je lui explique, les bois de ces cervidés ne disparaissent pas. Ce sont les porcs-épics qui les grugent. Pour eux, c'est une vraie mine de calcium... À sa façon, probablement pour me remercier, Roméo, qui affiche un petit côté poète à ses heures, me laissait le bout de papier suivant dans ma boite à lettres. Un jeu de mots écrit de sa plus belle écriture. ![]() |
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Le courrier de Jos Leloup Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le porc-épic, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir! Jos Leloup |
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Sites Internet à consulter ? Faune et flore du Pays Wikipédia CyberZoo Bêtes pas bêtes Zoo sauvage de St-Félicien Musée canadien de la nature L'Encyclopédie canadienne bcadventure.com (anglais) Desert USA (anglais) Natureworks (anglais) Ecozones terrestres du Canada Mise à jour novembre 2006 © L'Animalier
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