LE SUISSE ?
![]() Tamias striatus ? Eastern chipmunk |
Distribution géographique ?![]() |
|
Mensurations ? Contrairement à de nombreux autres animaux, le mâle et la femelle sont de la même taille. • Longueur du corps: 22cm à 30cm • Longueur de la queue: 7cm à 12cm |
|
Poids ? Le mâle et la femelle pèsent entre 70g et 120g. À la naissance, le poids des petits varie entre 2,5g et 4g. |
|
Description ? De la même famille que l'écureuil (sciuridé), le suisse est cependant plus petit que celui-ci. Avec son pelage roux, marqué de cinq rayures brun foncé ou noires et de bandes chamois sur le dos, il se confond à merveille avec le paysage d'automne. Par contre, la fourrure de sa partie ventrale est toute blanche. L'automne, sa fourrure perd son lustre de l'été et devient beaucoup plus chaude en prévision de l'hiver. Il a une queue rousse, mesurant plus ou moins 10cm de longueur, garnie de poils grisâtres et moins touffue que celle de l'écureuil. Les petits naissent nus mais au bout de six semaines, au moment où la queue devient touffue, ils arborent leur parure définitive. Le suisse a deux grands yeux ronds qui dominent sa tête et nous observent de tous les côtés. Son museau sensible, doublé d'une vue perçante, flaire facilement des graines enfouies sous la litière de la forêt. |
|
Habitat ? Le suisse affectionne particulièrement les forêts de conifères mais il s'installe volontiers à l'orée des bois, là où les buissons, les petits arbrisseaux ou les hautes herbes sont suffisamment abondants. Il évite cependant les terrains détrempés, impropres à ses habitudes de fouissage. Son domaine vital s'étend dans un rayon d'une cinquantaine de mètres autour de son terrier. |
Abri ? L'abri du suisse est un terrier creusé dan un sol épargné par les inondations. Il ne niche jamais dans les arbres, comme le fait son cousin l'écureuil. L'entrée de son terrier est à ce point dissimulée, sous un amas de roches, dans un tas de bûches ou dans des broussailles, qu'elle est très difficile à localiser. Ce terrier qu'il habite souvent durant plusieurs années, peut comporter plus d'une entrée. Situé à une profondeur variant entre 60cm et 90cm, il est constitué de tunnels de 5cm de diamètre menant à une pièce principale d'un diamètre d'environ 30cm. Celle-ci est aménagée en lit confortable à l'aide de feuilles déchiquetées et d'herbes séchées. Avec les années, il creuse d'autres galeries et pièces secondaires où il peut plus facilement entreposer sa nourriture d'hiver et loger les petits à la naissance. |
|
Régime alimentaire ? Principalement herbivore, son régime alimentaire varie cependant en fonction de l'abondance des ressources. Durant l'été, sa préférence pour les petits fruits sauvages comme les fraises, les framboises, les bleuets, le thé des bois de même que les graines de pins prennent largement le dessus sur les champignons, les racines et les oeufs d'oiseaux. Par contre, en période de disette, il se contente de la maigre pitance que lui procure une chenille, une sauterelle, un ver et même une petite grenouille. L'automne, il se gave de glands, de faines et de noix dont il fait en plus des réserves importantes en prévision de la période hivernale. Au printemps, au moment où la végétation tarde à pousser et les réserves de l'hiver sont épuisées, il se contente de glaner ici et là quelques jeunes pousses, des bourgeons et les graines de l'été précédent demeurées au sol. |
|
Comportement ? Naturellement vif et alerte, le suisse est un rongeur solitaire strictement diurne, qui s'affaire sans relâche à chercher des graines pour les enfouir dans le sol, les cacher sous les feuilles et même les rassembler en petits monticules. Comme il en oublie un grand nombre par la suite, celles-ci germent, favorisant ainsi le reboisement de la forêt. Bien qu'excellent grimpeur et acrobate accompli, la plus grande partie de ses activités se déroulent au sol où il se sent plus à l'aise. Si nécessaire, il démontre des talents de bon nageur. Par temps très chaud ou durant une pluie abondante, il se réfugie au frais et au sec dans son terrier, ne se permettant que quelques brèves sorties. Inquiet, il agite la queue en poussant des cris et si le danger est imminent, il décampe la queue en l'air, puis du haut d'une branche, il se manifeste bruyamment face à un ennemi. Pour manger, il se sert de ses pattes avant et il aime se placer sur un endroit surélevé comme un rocher, un tronc d'arbre, un monticule ou une souche, ce qui lui permet en même temps de monter la garde. Il transporte sa nourriture dans ses abajoues. Il s'accommode de peu d'eau, puisant celle-ci en grande partie dans les plantes qu'il consomme. En se roulant dans la poussière sa fourrure se libère de la graisse, des saletés ainsi que des parasites qui y ont trouvé refuge. Il complète sa toilette à l'aide de sa langue et de ses pattes. À l'automne, au moment de la chute des feuilles, il transporte dans son terrier une quantité imposante de graines en prévision de l'hiver. Cela est d'autant plus important, qu'il n'accumule pas de réserve de graisse comme le font d'autres animaux. À la fin d'octobre ou au début de novembre, il entre définitivement dans son terrier. Il y demeure tapi, dans un état de demi hibernation jusqu'en avril, s'éveillant régulièrement pour se nourrir. Le printemps amène la période de reproduction. Les mâles se livrent alors des combats qui permettent de déterminer celui d'entre eux qui s'accouplera à la femelle convoitée. Ces combats n'occasionnent que rarement des blessures graves aux belligérants. Après l'accouplement, le mâle quitte la femelle et retourne vivre seul dans son territoire. La femelle s'occupe seule d'élever ses petits et s'attaque à tout intrus qui ose s'approcher du terrier. À quatre semaines, les petits ouvrent les yeux, leur ouie s'est développée et ils risquent quelques sorties hors du terrier. À dix semaines, la période de croissance presque terminée, la petite famille peut alors se disperser. L'automne venu, chacun aménage son propre terrier et commence à y stocker des provisions. |
|
Reproduction ? La jeune femelle atteint sa maturité sexuelle dès sa première année mais elle ne se reproduit souvent que la seconde année. La période du rut a cours entre la mi-avril et la mi-mai et ne dure que quelques jours. Après l'accouplement, le mâle reprend sa vie de solitaire, laissant à la femelle le soin de s'occuper des petits qui naîtront 30 jours plus tard, sans poils, aveugles et sourds. La femelle allaite alors 3 à 5 rejetons. Au bout de 8 semaines, ils sont sevrés et prêts à vivre d'une façon autonome. À la fin de l'été, il arrive que la femelle donne naissance à une autre portée. |
|
Longévité ? Dans son milieu naturel, il vit en moyenne 4 ans. En captivité, épargné par les prédateurs, les rigueurs du climat et l'abondance plus ou moins grande de nourriture, il peut vivre jusqu'à 8 ans. |
|
Prédateurs ? En dépit de sa nervosité et de son agilité, le suisse rencontre de nombreux prédateurs sur sa route. Du haut des airs, les oiseaux de proie comme la buse ou l'épervier peuvent le surprendre à tout moment. Au sol, il fait face à la belette, au coyote, à la martre, au renard, au raton-laveur, au lynx et au chat domestique dans les milieux près des habitations. Désavantagé par sa petite taille face à des adversaires plus gros que lui, la fuite est son seul moyen de défense. Il grimpe alors dans l'arbre le plus près, se cache dans un amas de branches ou de roches ou se précipite dans son terrier. ![]() |
|
Situation des populations ? Sa présence constante et abondante dans toutes les forêts démontre la vitalité de l'espèce. |
Rapports avec les humains ?
Plutôt craintif de prime abord, le suisse se laisse facilement apprivoiser et devient un compagnon agréable. À part son goût prononcé pour les bulbes de fleurs et le maïs, il n'est pas nuisible dans le potager. Son habitude de cacher des graines dans le sol ou sous les feuilles mortes favorise leur germination et le reboisement. En contrepartie, une exploitation forestière soucieuse de l'écologie améliore son habitat. |
|
Petite histoire ? On croit généralement que les suisses originent de l'Asie où leurs populations abondent encore aujourd'hui. Cette migration vers l'Amérique du Nord s'est probablement réalisée par le détroit de Béring, situé entre l'Alaska et la Russie, à des époques où les deux continents ont été reliés par une bande de terre plus ou moins importante. Chez nous, l'introduction d'une trentaine d'individus à Terre-Neuve en 1973 et leur dispersion rapide sur plus de 800km2 montre bien la capacité de l'espèce à occuper rapidement un habitat. |
Jos Leloup raconte ?
Tout jeune, par une matinée du début de septembre, sans but précis, je m'étais permis une petite incursion en forêt. L'extrémité de la savane que je venais de franchir, débouchait sur le flanc d'une colline garnie de chênes rouges. Vous me voyez venir, n'est-ce pas? Des glands, il y en avait partout dans les arbres et au sol. Les suisses s'y activaient à qui mieux mieux. Après les avoir observés un moment, l'idée me vint d'en capturer un. Je l'imaginais déjà être un excellent compagnon à la maison, sans compter la tête que feraient mes amis en le voyant. Je rassemblai alors une cinquantaine des plus gros glands en un tas puis m'agenouillant, les deux mains placées au dessus, j'attendis sans bouger le téméraire qui s'y aventurerait. À peine avais-je eu le temps de me transformer en piège à suisse, qu'un petit affairé s'avança sans flairer mon astuce... Vous devinez la suite! Après une ou deux morsures sans conséquence et bien empoigné, l'imprudent se calma. Je pus alors le placer dans un de mes bas, un bas propre du matin, j'insiste, et le transporter ainsi à la maison. Rayé, c'est le nom que je lui avais donné, s'apprivoisa rapidement et fit la joie de la maison durant une année. Aujourd'hui, je ne vous recommande pas d'en attraper un de cette manière à cause du danger de la rage dont je n'étais pas conscient alors. Et de toute façon, il est tout aussi facile et agréable d'apprivoiser un suisse tout en le laissant en liberté. |
|
Le courrier de Jos Leloup Si cela peut t'aider, et quand c'est possible, je me fais un plaisir de répondre à tes questions sur le suisse, à condition que tu ne me demandes pas de réaliser ton devoir. Tu peux également me faire part de tes expériences ou de tes trouvailles. Au plaisir! Jos Leloup |
|
Sites Internet à consulter ? Faune et flore du Pays Wikipédia L'Encyclopédie canadienne Nature Québec Musée canadien de la nature VirOVert Musée Redpath NatureWorks (anglais) BritishColombia.com (anglais) Animal Diversity Web (anglais) Ecozones terrestres du Canada Mise à jour novembre 2006 © L'Animalier
|